Exposition: du 9 au 31 octobre 2021



La forme labyrinthique du terrier, tout comme sa fonction, engendre toute une systématique de questions, de doutes et de rêveries. Comme en témoigne la célèbre nouvelle de Franz Kafka, il est d’emblée associé à l’idée de refuge — qui fait se sentir en sécurité — et met ainsi en tension la question des frontières et des limites (entre intérieur et extérieur notamment). Son potentiel fantasmagorique est le point de départ de cette exposition qui invite à penser les zones-limites ou barrières physiques et symboliques. Samuel Georgy et Johanna Kotlaris traitent de la notion de distance, de manière ironique, joyeuse, parfois anxieuse ou confrontante. Les artistes nous proposent de faire un pas de recul (ou de côté), pour penser ce concept de prime abord simple et pourtant si riche et complexe dans les déploiements intellectuels qu’il permet. Partant du principe que la distance renferme toujours une forme d’espace à combler — libre de projections et remplis par des vécus subjectifs — c’est cette investigation qui est donnée à voir et mise en scène au sein du lieu d’exposition.

Pour ce faire, Samuel Georgy et Johanna Kotlaris traitent de la notion de distance, de manière ironique,
joyeuse, parfois anxieuse ou confrontante. Les artistes nous proposent de faire un pas de recul (ou
de côté), pour penser ce concept de prime abord simple et pourtant si riche et complexe dans les
déploiements intellectuels qu’il permet. Quelle est la distance entre d’où nous venons et où nous

allons ? Comment cet entre-deux peut-il être défini et quelles en sont les implications ? Comment est-
il perçu et comment peut-il être expérimenté ? Partant du principe que la distance renferme toujours

une forme d’espace à combler — libre de projections et remplis par des vécus subjectifs — c’est
cette investigation qui est donnée à voir et mise en scène au sein du lieu d’exposition.
Dans sa série “Inventory for a safe and fun trip to be lost ”, Samuel Georgy en propose une lecture
ironique qui tend parfois jusqu’à l’absurde. Explorant dans son travail les rapports entre les narratifs
intimes et politiques, il traite ici des notions de sécurité et d’insécurité relatives aux masculinités
et aux géopolitiques européennes grâce à l’évocation symbolique et à la métaphore. Ses objets
statiques, qui jouent avec l’architecture du lieu, déploient une dimension spéculative qui suggère
des mouvements, des chutes, des échecs, voire des dysfonctionnalités. Son regard drôle et
ludique permet d’ouvrir une distance critique et contraste avec la gravité des questionnements et
thématiques soulevées.

Texte par Julie Lang


The labyrinthine nature of the burrow, and its function, generates a whole system of questions, doubts and daydreams. As Franz Kafka’s famous story illustrates, it is immediately associated with the idea of refuge – which makes us feel safe – and thus leads to questions of borders and limits (in particular between inside and outside). The phantasmagorical potential of the burrow is the starting point for this exhibition, which invites us to think about boundary zones or physical and symbolic barriers. Samuel Georgy and Johanna Kotlaris deal with the notion of distance, in an ironic, joyful, sometimes anxious or confrontational way. The artists invite us to take a step back (or sideways), to think about this concept, which at first sight is simple and yet so rich and complex in the intellectual developments it allows. Based on the premise that distance always contains a form of space to be filled – free of projections and filled with subjective experiences – it is this investigation that is presented and staged in the exhibition space.

To this aim, Samuel Georgy and Johanna Kotlaris deal with the notion of distance, in an ironic, joyful,
sometimes anxious or confrontational way. The artists invite us to take a step back (or sideways), to
think about this concept, which at first sight is simple and yet so rich and complex in the intellectual
developments it allows. What is the distance between where we come from and where we are going?
How can this in-between be defined and what are its implications? How is it perceived and how can
it be experienced? Based on the premise that distance always contains a form of space to be filled
– free of projections and filled with subjective experiences – it is this investigation that is presented
and staged in the exhibition space.
In his series “Inventory for a safe and fun trip to be lost”, Samuel Georgy proposes an ironic
understanding of the subject, which sometimes tends towards the absurd. Exploring in his work
the relationship between intimate and political narratives, he deals here with notions of security
and insecurity relating to masculinities, mixed with European geopolitical issues. Through symbolic
evocation and metaphor, his static objects, that play with the architecture, unfold a speculative
dimension that suggests movements, falls, failures and even dysfunctions. His funny and playful
approach opens up a critical distance and contrasts with the seriousness of the questions and issues
raised.

Text by Julie Lang




ⒸVirginie Otth